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La Poignée
Dans le métro, quand on s’ennuie, on a tout loisir de regarder la Poignée. La poignée est un être assez étrange qui se dérobe très facilement sous la main des faibles femmes ou des touristes. On en voit certains, peu habitués, la fixer avec angoisse les quelques secondes avant l’arrêt fatidique de la voiture à quai. Il s’agit sans doute d’anticiper la manœuvre inconnue. Sinon, parfois il reste une miette de pain au chocolat colée sur la Poignée. On attend alors qu’un plus pressé que les autres se désigne pour actionner la Précieuse.
Sinon, on peut dire que le soleil est de retour, du moins pour la journée. Ma bicyclette en piaffait d’impatience. Je me suis moi-même faite avoir ce matin en chaussant mes souliers et en sifflotant jusqu’à l’écurie. Malheureusement c’était oublier la grève illimitée décrétée par le groupuscule radical des Freins.
En avant pour le métro, toute ! (Et moi qui comptait sur les coups de pédale pour raccourcir le retard du lundi.)
Bourse
La bourse du commerce vue du jardin des Halles, à Paris
Mes proportions sont mauvaises, je le vois bien, mais je ne parviens pas à voir où concrètement se situent les problèmes, quels traits aurais-je dû étirer, placer autrement, etc. Et pourtant, je ne cesse de comparer mon dessin à l’original. Je n’ai donc toujours pas appris à voir les bâtiments…
Le hasard est parfois amusant : alors que je n’ai cessé de penser à Laurent Voulzy en me baladant à Belle-Ile-en-Mer, je le rencontre en touriste sous la travée de l’église Saint-Eustache à Paris. Alors, ces jours prochains je vais penser très fort à … et beaucoup fréquenter les églises, qui sait ?
Paris
D’après une photographie de Romain Duris, issue du dernier film de Cédric Klapisch, Paris
Je ne suis pas encore allée voir le film. Je craignais un Paris, je t’aime bis, collection de courts-métrages certes sympathique mais à voir une seule fois. Les réalisateurs ne s’y trompent pas, Paris est une ville très cinématogénique. Seulement voilà, la chose peut devenir lassante, surtout si la qualité, ou l’originalité, ne suit pas.
Pourtant, j’ai beaucoup apprécié dernièrement le regard de Christophe Honoré sur Paris (les Chansons d’amour, Dans Paris). Un regard à mon sens très sincère et généreux : ses personnages habitent réellement leur ville, bien au-delà du décor de cinéma. Il est certain que les belles paroles des chansons du film ajoutent à l’impression.
Vivre, c’est aussi habiter quelque part. Bien que l’on voudrait nous faire croire autre chose en ce moment.
Extrait de la Bastille (les Chansons d’amour, paroles et musique d’Alex Beaupain, bande originale du film)
Il pleut des cordes sur le génie
De la place de la Bastille
Nous marchons sous un ciel gris
Percé par des milliers d’aiguilles
Il pleut des cordes sur le génie
Les nuages trop lourds s’abandonnent
De l’eau pour les gens de Paris
Pour l’ange nu sur la colonneA l’horizon de nos fenêtres
Plus rien ne bouge, plus rien ne vit
Comme Paris semble disparaître
Dilué dans de l’eau de pluieVoir plus ici.
Dessin du 7 février 2008 (100)
La chapelle de l’Hotel Cluny - Saint Antoine, exposé au musée du Moyen-Age
Le musée du Moyen-Age, qui comprend également les termes antiques et un petit jardin courtois, est un lieu qui vaut vraiment le déplacement. Une agréable façon de se rappeler que le moyen-âge n’était pas cette sombre époque où les hommes ne mettaient pas de déodorant et les femmes ne s’épilaient pas sous les bras. L’amour devenait courtois, du moins dans les cours et dans les livres, tandis que les lettrés s’organisaient (Universités) et sillonnaient l’Europe et même au-delà. De grands échanges permirent une importante circulation des savoirs (manuscrits, savants) et des cultures (étoffes, bijoux, mets). Quant au reste de la population, comme souvent, les traces sont plus éparses. Les musées sont les héritiers de collections de nos royaumes…
C’est le moment d’en profiter : 6 mois de gratuité totale, jusqu’à la fin juin. Pour les courageux des visites scotchées à un téléphone/engin qui chauffe l’oreille : l’audioguide est à un euro. Il y a des chances que lui aussi vaille le coup.
Erreurs : les deux petits vitraux devraient être situés plus haut.
Dessin du 2 février 2008 (95)
Le mystère métallique du quai de la Loire
Une recherche rapide sur le net et je n’ai rien trouvé. Je me demande bien à quoi j’ai à faire, en sortant du MK2 Quai de Seine. Deux tentatives pour me rappeler que j’ai vraiment du mal à dessiner les grands grands objets. Ramener à l’échelle est un vrai casse-tête. Et là encore, quel froid !
Dessin du 31 janvier 2008 (93)
Pont d’Austerlitz
Toute l’année les péniches font trempette à deux pas du Jardin des plantes.
La misère de certains d’entre nous se rencontre chaque jour, sous certains ponts de métro aérien, ou sur les quais. Les soirs d’été, si l’on suit à vélo la piste cyclable des quais de Seine, une étrange impression nous prend : les habitants du coin dressent des tables de fortune pour un apéritif devant la tente et discutent de la vie qui va. Tout est calme - et le bruit de la chaine qui grince. Un peu comme si je venais faire du vélo dans le salon d’un voisin.
L’hiver, il fait juste froid, et encore plus froid près de l’eau.
Dessin du 25 janvier 2008 (88)
Colonne Morris
La colonne Morris serait en sursis à Paris. Je me demande bien ce qu’on lui reproche officiellement car il est bien certain que ces colonnes font partie du charme de la ville, au même titre que les toits de Paris ou les fontaines Wallace. Si ce n’est que les affiches de cinéma ou des arts du spectacle qu’elles exposent sont sans doute moins rentables que les publicités abritées par les vitrines JCDecaux. D’ailleurs, Decaux est aussi le concessionnaire actuel des Morris. Leur nombre a été réduit courant 2006 par la Mairie de Paris, avec force polémique.

A Nantes, l’usager solidaire des transports en commun
tombe dès la sortie de la Gare sur une colonne Morris assortie d’un banc. Que d’affiches de films pour joncher ma course jusqu’au lycée Clemenceau ! Un doute m’envahit : est-elle bien toujours là, ou bien un panneau publicitaire de plus grande ampleur l’aurait remplacée ?
Et quand j’ai vu que la colonne suivante tournait, quel soulagement ! pour une fois que mon modèle ne bouge pas. Rien à voir avec ce satané paysage dans un train Scnf.
(Source : Wikipedia)
Dessin du 24 janvier 2008 (86)
Metro Monge
Un dessin rapide parce que le métro est arrivé trop vite. Cette semaine est un peu évasive. Je passe surtout du temps sur mon nouveau jouet : j’ai installé Ubuntu chez moi et je quitte progressivement le monde marchand de Microsoft pour celui du libre.
Le collectif, le service public, le libre. Tout cela se tient finalement assez bien pour une drôle de semaine éthérée passée à comprendre la virtualité des liens informatiques qui enchainent nos heures de loisir - et de travail. J’ai d’ailleurs terminé mon ouvrage sur les projets OpenSource en bibliothèque. Et discuter avec un passionné qui vient de l’autre côté de l’Atlantique était loin d’être inintéressant. Une drôle de semaine, vraiment, et la liberté n’est pas un vain mot.
Dessin du 21 janvier 2008 (83)
Encore une longue journée, qui se termine sous la fine pluie timide d’une tempête avortée. La structure métallique du métro aérien m’abrite pour ce dessin d’un paysage quotidien : la chapelle de l’Hôpital. Le stress accumulé est parti en coup de vent. Je ne sais pas pourquoi, mais ce soir je chantonne et sifflote sur mon destrier.
La chapelle de l’hôpital de la Pitié-Salpétrière, sous les rails du métro aérien
Elle en a entendu des souffrances, des prières et des pleurs. A l’époque, le plus grand hospice du monde hésitait entre soins et enfermement. Sous la Révolution, de pauvres femmes internées y furent massacrées. La Salpétrière (en souvenir de la poudre des munitions que l’on fabriquait sur le petit arsenal de son emplacement) appartient désormais à l’Assistance-Publique-Hopitaux-de-Paris. Quelques noms célèbres y passèrent : Freud, brièvement côté médecin, Lady Diana brièvement avant trépas.
C’est aujourd’hui un mini village que je traverse chaque jour à vélo. Un coin paisible et qui s’affaire, au petit matin, pour panser des plaies, continuer la vie, fumer une cigarette, déposer un malade. J’apprécie toujours ce détour.








