Nos lunettes de soleil bien arrimées, la pédale franche pour lutter contre le solide vent côtier qui balaye nos visages blêmes de citadins, nous avons sillonné Belle-Ile en deux-roues. La selle impitoyable du biclou de location n’épargna aucune fesse mais le plaisir des petits sentiers et des beaux paysages fut intact.
De Palais, nous avons suivi la route vers la Pointe de Taillefer. Quelques graffitis viennent égailler les bunkers de cette côte du dedans (= tournée vers le continent, vers Quiberon par exemple).


Puis, nous nous sommes ébahies en entrant dans Sauzon, petite ville baignée d’une lumière tranquille autour de son humble port et de ses terrasses aux couleurs vives. Goélands, sternes et cormorans semblent avoir la vie belle.


Le temps de trouver un chat à caresser et nous voici en route pour les falaises schisteuses de Ster-Wen, battues par la mer.
Nous nous sommes ensuite mesurées au grand vent du bout de l’île, sur la Pointe des Poulains. Sarah Bernhardt s’y reposait en grandes pompes avec sa “ménagerie”, comme elle disait, d’amis artistes. Elle y avait ajouté des animaux exotiques aux anecdotes amusantes. La pointe des Poulains, c’est surtout le début de la Côte Sauvage et la rencontre des vents dominants. D’un côté le bleu-vert transparent des eaux calmes qui invitent au plongeon, de l’autre les éclats d’écume revanchards de la mer démontée qui fait claquer son fouet sur les rochers insoumis. Le spectacle est impressionnant et l’on se prend à étendre les bras pour mieux sentir l’emprise du vent en colère.
Il faudra revenir à de prochaines vacances pour découvrir la partie Est de l’île.