Aujourd’hui j’ai visité la Galerie Templon à Paris : Jim Dine y expose ses Pinocchios, sculptés grossièrement dans du gros bois, comme le vrai Pinocchio ! L’effet est saisissant.
[Bon, encore une fos j'ai loupé les proportions. Pinocchio est en réalité de même taille que l'imposant chat. Je l'ai tellement agrandi que mon dessin ne pouvait plus retranscrire son air penaud, bras ballants, tandis qu'un chat et un loup géants l'encadrent de toute leur noirceur (bois brûlé).]
La mise en abime m’a amusée, puis, malgré l’apparente bonhommie tintinesque de ces personnages échapés de notre enfance, je me suis souvenue de l’étrange inquiétude qu’avait soulevée en moi la diffusion du téléfilm… L’idée du bon (ou mauvais) enfant ; le séjour dans le paradis des enfants indociles qui tourne au cauchemar ; et la punition, dans ce qu’elle a de plus violent (déformation physique, jusqu’à la perte totale de son humanité). L’artiste n’y est sûrement pas pour rien dans ce souvenir ambigu!
Petits fours et jus de framboise , tombola et badges, jolies tenues et ruée sur la bouffe. C’était ma première “Journée de” et c’est vraiment étrange. Je n’ai pas remporté de macarons Ladurée ni de chèque cadeau.
Premiers pas en Espagne depuis la gare de Port-Bou, juste après la frontière. Deux heures d’attente pour prendre le petit déjeuner, se promener dans les rues qui descendent vers la mer ou qui se croisent vers l’église. Vers 10h, un train de la Renfe nous emmène enfin à Barcelone.
Puisqu’il paraît que c’est le printemps, je me suis rendue dans un parc pour observer les oiseaux moqueurs et les pétales rieurs de nos petites fleurs des champs urbains. Le banc était tout froid, la fesse gelée et la pluie est venue chantonner que c’est elle qui avait gagné la partie aujourd’hui.
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J’ai fini Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur (To kill a mocking bird pour la version originale), de Harper Lee. En guise d’oiseaux, ça parle surtout d’humains, qui sont tout de même de drôles d’oiseaux… surtout lorsqu’ils sont vus à travers les yeux de l’enfance. Un grand livre très simple à lire, qui se passe dans l’Alabama des années trente, et qui monte aux arbres et écoute les conversations d’adulte en refusant de porter des robes (on reconnait là la grande sagesse des livres). Ce roman connut un grand retentissement à sa sortie en 1960, dans un pays en pleine lutte pour (ou contre) les droits civiques, comme on dit outre-atlantique.
Une recherche rapide sur le net et je n’ai rien trouvé. Je me demande bien à quoi j’ai à faire, en sortant du MK2 Quai de Seine. Deux tentatives pour me rappeler que j’ai vraiment du mal à dessiner les grands grands objets. Ramener à l’échelle est un vrai casse-tête. Et là encore, quel froid !
Il y a des voix qui remuent toute la fragilité des creux et des hauts, celle qui se loge en soi tout au fond. Il y a des voix qui portent les marques du vécu, l’apaisement des tempêtes oubliées, la fureur des lendemains qui déchantent. Il y a des voix où tout est là, l’espoir comme l’infinie tristesse, la faiblesse comme la force. Et la rage des yeux ouverts. Il y a des voix qui résumeraient toutes les facettes de notre vie. Celle de Chan Marshall est celle là pour moi. J’y apprends ma sagesse.
Une belle chanson que “Lived in Bars”. Le clip est pas mal non plus, dans son genre : il retranscrit bien la simplicité de la vie - et sa grande folie. Derrière les sourires de la nuit, on se rappelle les silences noyés dans le chahut des camarades. La vie continue, comme la musique. Finalement, c’est une question de tempo, de vibration, ou de rythme. Chacun choisira son mot préféré
La colonne Morris serait en sursis à Paris. Je me demande bien ce qu’on lui reproche officiellement car il est bien certain que ces colonnes font partie du charme de la ville, au même titre que les toits de Paris ou les fontaines Wallace. Si ce n’est que les affiches de cinéma ou des arts du spectacle qu’elles exposent sont sans doute moins rentables que les publicités abritées par les vitrines JCDecaux. D’ailleurs, Decaux est aussi le concessionnaire actuel des Morris. Leur nombre a été réduit courant 2006 par la Mairie de Paris, avec force polémique.
A Nantes, l’usager solidaire des transports en commun tombe dès la sortie de la Gare sur une colonne Morris assortie d’un banc. Que d’affiches de films pour joncher ma course jusqu’au lycée Clemenceau ! Un doute m’envahit : est-elle bien toujours là, ou bien un panneau publicitaire de plus grande ampleur l’aurait remplacée ?
Et quand j’ai vu que la colonne suivante tournait, quel soulagement ! pour une fois que mon modèle ne bouge pas. Rien à voir avec ce satané paysage dans un train Scnf.
Un dessin rapide parce que le métro est arrivé trop vite. Cette semaine est un peu évasive. Je passe surtout du temps sur mon nouveau jouet : j’ai installé Ubuntu chez moi et je quitte progressivement le monde marchand de Microsoft pour celui du libre.
Le collectif, le service public, le libre. Tout cela se tient finalement assez bien pour une drôle de semaine éthérée passée à comprendre la virtualité des liens informatiques qui enchainent nos heures de loisir - et de travail. J’ai d’ailleurs terminé mon ouvrage sur les projets OpenSource en bibliothèque. Et discuter avec un passionné qui vient de l’autre côté de l’Atlantique était loin d’être inintéressant. Une drôle de semaine, vraiment, et la liberté n’est pas un vain mot.
Ah l’attente du téléphone pour savoir si je vais au cinéma ou non. Sur l’imprimante, ma fière couronne d’Epiphanie aux dessins d’animaux polaires prone l’équilibre fragile des forces. Plus loin, le petit pot de Baume du Tigre, pour les épaules (droites, merci Souris) douloureuses.
Encore une longue journée, qui se termine sous la fine pluie timide d’une tempête avortée. La structure métallique du métro aérien m’abrite pour ce dessin d’un paysage quotidien : la chapelle de l’Hôpital. Le stress accumulé est parti en coup de vent. Je ne sais pas pourquoi, mais ce soir je chantonne et sifflote sur mon destrier.
La chapelle de l’hôpital de la Pitié-Salpétrière, sous les rails du métro aérien
Elle en a entendu des souffrances, des prières et des pleurs. A l’époque, le plus grand hospice du monde hésitait entre soins et enfermement. Sous la Révolution, de pauvres femmes internées y furent massacrées. La Salpétrière (en souvenir de la poudre des munitions que l’on fabriquait sur le petit arsenal de son emplacement) appartient désormais à l’Assistance-Publique-Hopitaux-de-Paris. Quelques noms célèbres y passèrent : Freud, brièvement côté médecin, Lady Diana brièvement avant trépas.
C’est aujourd’hui un mini village que je traverse chaque jour à vélo. Un coin paisible et qui s’affaire, au petit matin, pour panser des plaies, continuer la vie, fumer une cigarette, déposer un malade. J’apprécie toujours ce détour.
Chez moi, il y a une cour habitée par un mini jardin interdit, circulaire, qui abrite la Grande Soufflerie de la résidence. Il fait nuit et les deux grosses boules du lampadaire se demandent ce que je fais là sous le vent qui se lève et la pluie qui guette.
Ce luth népalais (sgra-snyan ou encore dramyen) est accroché dans la salle en sous-sol du délicieux restaurant tibétain Kokonor. Ce restaurant est spécialisé dans la cuisine de la région de l’Amdo, l’une des trois régions du Tibet, qui vit naitre l’actuel Dalaï Lama. Kokonor (bleu ou vert, en monghol) est le nom du plus grand lac du Tibet (et par la même occasion de la Chine, vu la situation politique actuelle).
Ces alentours de la rue St Jacques, à deux pas de la Sorbonne, sont un peu le quartier tibétain de Paris : restaurants, mais aussi librairies. Perso, j’aime beaucoup le Tashi Delek (bonjour, en tibétain ; rue des fossés St Jacques). Hier j’ai découvert le Kokonor (206 rue St Jacques), excellent lui aussi. J’ai également un très bon souvenir du Norbulinga, au pied du Cirque d’Hiver (118 rue Amelot, Paris 11e).
Plus d’infos sur le sgra-snyan :
- Des photos de luth particulièrement travaillés sur cette page.
- Mireille Helffer, Mchod-Rol : les instruments de la musique tibétaine, CNRS Editions, Editions de la Maison des sciences de l’Homme, 1994?, pp.277-285 (chapitre 7). Sur Google Books, ou dans de rares bibliothèques (notamment, à Paris, dans celle de l’Ecole française d’Extrême-Orient à Paris, accessible à tous).
- Rakra Tethongn, Conversations on Tibetan Musical Traditions, Asian Music, Vol. 10, No. 2, Tibet Issue (1979), pp. 5-22 [NB pour les gens qui ont accès en ligne (universitaire par exemple) à des sites payants : cette revue est présente dans les revues du projet JSTOR.]