Dessins du 16 décembre 2007 (47)
En écartant les lourds rideaux veloutés ce matin, je découvre une vue sympathique, bien différente des jolies lumières abstraites de la nuit : la façade latérale du théâtre des Célestins.
Détail d’une façade du théâtre des Célestins
Le froid n’a pas faibli, mais rien qui n’empêche les vendeurs du marché de pousser la chansonnette des poulets à 3 euros. Au loin, il faut se pencher un peu pour voir la colline de Fourvière.
La pieuse et dentelière basilique de Fourvière
Construite en remerciement à la Sainte Vierge pour avoir su épargner la ville de Lyon de l’invasion prussienne, la basilique de Fourvière domine la ville de toute sa blanche robe de communiante. Merci Marie, lit-on en lettres majuscules électriques. Quatre ans plus tôt, à l’occasion de la fête des Lumières, le néon n’était pas encore là mais à la place, un dispositif luminaire (faisceau lasert vert) entre la vierge Marie de la basilique et le Christ de l’église Saint Jean, plus bas, rappelait un combat stellaire de cinéma. Ici, il faut croire que le fidèle ne lésine pas sur les moyens pour témoigner de sa foi. Voilà qui peut expliquer l’irritation de la municipalité de l’époque, qui voyant la ferveur qui entourait la construction de basilique, finit par subventionner l’édification d’une tour métallique “républicaine” (comprendre laïque) pour donner le change. Cette antenne, semblable au 3e étage de la Tour Eiffel, est depuis devenue un relais de l’ORTF. La nuit tombée, chacune allume ses propres feux.
En route pour la Sucrière Pour rejoindre la Sucrière, la Biennale d’art contemporain met des navettes fluviales à disposition des visiteurs.
Départ au pied de la place Bellecour, d’où l’on aperçoit encore le “Crayon”, cette vilaine tour qui accueille les bureaux d’une banque célèbre. Située dans le quartier de la Part-Dieu, celle-ci remporte la médaille du plus haut batiment non francilien.
Enjambées de Rhône
La musique adoucit-elle les moeurs ?
Oeuvre présentée au rez-de-chaussée de la Sucrière, Clamor diffuse des morceaux de musique belliqueux échappés du ventre de son bunker.
En performance live, des musiciens jouent, cachés à l’intérieur du bunker. Seul le pavillon de leurs instruments dignes d’une fanfare militaire dépasse. Au répertoire de ces chansons de guerre ou liées à la guerre, on retrouve des classiques rock (ACDC, Metallica comme leur Seek an Destroy diffusé par les troupes lors de la guerre en Iraq) ou God bless America. Un écriteau rappelle que le tube de Bruce Springsteen, Born in USA, fut (?) utilisé lors des tortures dans le camp de Guantanamo.
A présent, le thermomètre affiche officiellement -11. Au café, on se réchauffe et on dessine un peu.