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Dessins du 16 décembre 2007 (47)

En écartant les lourds rideaux veloutés ce matin, je découvre une vue sympathique, bien différente des jolies lumières abstraites de la nuit : la façade latérale du théâtre des Célestins.

Détail d’une façade du théâtre des Célestins

2007-12-16 Célestins 2007-12-16 parvis des Celestin

Le froid n’a pas faibli, mais rien qui n’empêche les vendeurs du marché de pousser la chansonnette des poulets à 3 euros. Au loin, il faut se pencher un peu pour voir la colline de Fourvière.

La pieuse et dentelière basilique de Fourvière

2007-12-16 Fourvière perchée sur sa colline 2007-12-16 “Merci Marie”

Construite en remerciement à la Sainte Vierge pour avoir su épargner la ville de Lyon de l’invasion prussienne, la basilique de Fourvière domine la ville de toute sa blanche robe de communiante. Merci Marie, lit-on en lettres majuscules électriques. Quatre ans plus tôt, à l’occasion de la fête des Lumières, le néon n’était pas encore là mais à la place, un dispositif luminaire (faisceau lasert vert) entre la vierge Marie de la basilique et le Christ de l’église Saint Jean, plus bas, rappelait un combat stellaire de cinéma. Ici, il faut croire que le fidèle ne lésine pas sur les moyens pour témoigner de sa foi. Voilà qui peut expliquer l’irritation de la municipalité de l’époque, qui voyant la ferveur qui entourait la construction de basilique, finit par subventionner l’édification d’une tour métallique “républicaine” (comprendre laïque) pour donner le change. Cette antenne, semblable au 3e étage de la Tour Eiffel, est depuis devenue un relais de l’ORTF. La nuit tombée, chacune allume ses propres feux.

En route pour la Sucrière Pour rejoindre la Sucrière, la Biennale d’art contemporain met des navettes fluviales à disposition des visiteurs.

2007-12-16 Bateau

Départ au pied de la place Bellecour, d’où l’on aperçoit encore le “Crayon”, cette vilaine tour qui accueille les bureaux d’une banque célèbre. Située dans le quartier de la Part-Dieu, celle-ci remporte la médaille du plus haut batiment non francilien.

Enjambées de Rhône

2007-12-16 Enjambée de Rhone 2007-12-16 Vue de la navette

La musique adoucit-elle les moeurs ?

Oeuvre présentée au rez-de-chaussée de la Sucrière, Clamor diffuse des morceaux de musique belliqueux échappés du ventre de son bunker.

2007-12-16 Clamor

En performance live, des musiciens jouent, cachés à l’intérieur du bunker. Seul le pavillon de leurs instruments dignes d’une fanfare militaire dépasse. Au répertoire de ces chansons de guerre ou liées à la guerre, on retrouve des classiques rock (ACDC, Metallica comme leur Seek an Destroy diffusé par les troupes lors de la guerre en Iraq) ou God bless America. Un écriteau rappelle que le tube de Bruce Springsteen, Born in USA, fut (?) utilisé lors des tortures dans le camp de Guantanamo.

A présent, le thermomètre affiche officiellement -11. Au café, on se réchauffe et on dessine un peu.

2007-12-16 Moto- 2007-12-16 Brasserie - 2007-12-16 En face de moi

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Dessins du 15 décembre 2007 (46)

1e classe
Etre en première classe, ça change tout : les toilettes ont du papier blanc qui ne coupe pas, le contrôleur estampille les billets d’un air joueur, les sacoches d’ordinateur portable remplacent les encombrants voisins, les prises secteur remplacent la poubelle de binome.

2007-12-15 La classe

La gare des Brotteaux

Entre l’immense centre commercial de la Part-Dieu et l’immense parc de la Tête d’Or, nous voilà face à l’ancienne gare des Brotteaux, dans le 6e arrondissement, quartier résidentiel et bourgeois de Lyon :

2007-12-15 Brotteaux

On y trouve à présent une salle des ventes - et l’une des boites de nuit chics de la ville. J’avais testé il y a quelques années : pas de quoi casser trois pattes à un canard, musique un peu chiante, clientèle chiante et aucun sourire à l’horizon. Pour une soirée que l’on veut festive, c’est un peu dommage. En revanche, aucune difficulté à entrer !

Je n’ai jamais fini mon dessin, les -10 degrés ayant eu raison de mes doigts, déjà éprouvés à piquer les frites et tenir le hamburger auparavant.

Têtes d’or

Le parc de la Tête d’Or, le “poumon lyonnais” comme disent les brochures, abrite l’un des plus anciens zoos de France - le second après la Ménagerie de Paris, pour être précis (1858). Il s’agissait alors d’amener “la nature à ceux qui n’en ont pas” dans un cadre local de type plutôt fermier. Petit à petit l’exotisme poussa les grilles du parc pour y placer des bêtes plus tendance.

2007-12-15 Têtes d’or Depuis les années 1920’s, il n’existe plus aucun lion de l’Atlas en liberté. Les individus restants, en captivité, ont tous la même orignine : les “collections” (!) du Sultan du Maroc. Ces lions sont vraiment différents du lion commun que l’on connait davantage. A mes yeux, ils sont vraiment plus majestueux.
Tigres du Bengale, dans le local suivant : un par enclos.
Panthères d’Amour. Une aux aguets mais d’allure paisible, une sur le qui-vive et particulièrement stressée, la dernière aveugle.

Pas de quoi être immensément fier, comme d’habitude, mais maintenant que les bêtes sont là, après des années passées en esclavage dans les cirques, ou suite à des échanges entre parcs zoologiques, il faut bien s’en occuper et veiller à leur confort maximum. C’est à présent le sens et la mission des zoos - et de leur nécessaire tarification, pensons au zoo de Vincennes qui ne pouvait plus payer l’alimentation de ses animaux. Celui de Lyon tente doucement de redresser la barre à son tour : nouveaux locaux animaliers et vétérinaires, visée pédagogique plus affirmée (des écritaux enfin lisibles et instructifs, même s’ils sont courts), et, plus médiatique, la “plaine africaine” inaugurée en 2006. Cette fameuse plaine, en travaux depuis 2004, je la découvre pour la première fois, et c’est vraiment une amélioration. Par contre, les panthères semblent toujours stressées et sur le qui-vive. A chaque visite je suis frappée par leurs regards inquiets, qui trahissent une profonde inadaptation, malgré les années, à la captivité.

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