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Le pied

Le mien a doublé de volume sous la salive d’un moustique assoifé de sang. Depuis, il ne rentre plus dans son soulier et refuse de marcher. C’est le vélo qui est content, qui reprend du service, mais c’est les poumons qui crachent : la pollution est là, bien réelle dans le mouchoir, ronflante sous la poitrine, rocailleuse dans la gorge, même si joliette avec son petit voile nuageux au-dessus des immeubles. Si on y ajoute la climatisation des musées et le sauna des bureaux aquarium, on comprend mieux la résistance des Rhumes en Milieu Tempéré sous les toits de Paris.

Histoires de pied

D’après Anatomie pour l’artiste, de Sarah Simblet, aux éditions Dessain et Tolra, 2001. Pour l’occasion, j’ai repris le crayon de bois : quelle déconvenue ! j’avais oublié les sensations (plus accrocheuses) du crayon, – et du papier à grain. Et puis il y a tant de crayons qu’il faut choisir lequel prendre. Et puis comment appuyer, orienter la mine, etc. Bref, rien à voir avec la simplicité du stylo, au tracé si fluide (sur feuille classique). Je sens qu’il va falloir me remettre au crayon. Avec patience. Et regarder de plus près des bouquins d’anatomie… Vers une seconde étape de mon apprentissage, peut-être ?

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Contraste Noir/Blanc (Black Hole)

A partir de deux dessins de Charles Burns, Black Hole (tome 1 et 2). Ce type de dessin est très particulier et semble même plutôt relever de la gravue ou de la carte à gratter. J’ai pas mal galéré, d’autant qu’au départ, j’étais partie avec des crayons plutôt secs. Il a fallu tout repasser au crayon gras… (et bien se salir les doigts). Finalement le dessin est plus fatigant encore pour les yeux que l’ordinateur !

pied et bras

La BD est vraiment bonne. Un dessin très graphique et plutôt fascinant qui rend excellement bien la morbidité dont il est question : l’Amérique des ados qui trompent leur ennui dans les beer party et les expédiants, tandis qu’une nouvelle maladie sexuellement transmissible crée des monstres, “la Crève”. L’histoire est drôlement bien fichue, cadrée sur le puzzle des voix off des jeunes qui témoignent. Je ne peux pas m’empêcher de penser au premier tome du Swamp Thing d’Alan Moore, je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être est-ce pour la monstruosité vue de l’intérieur…

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