Suite de ma lecture…
Toujours d’après Gaston Lavy, Ma grande guerre, Larousse 2004, BDIC :
1) Quotidien d’un homme de la Territoriale. Il s’agit ici de renforcer une tranchée, en avant du front de Verdun. Les poilus sont donc ici particulièrement exposés. Afin de ne pas se faire repérer, le Génie programme les corvées pour la nuit, jusqu’à 3 heures de matin – ou jusqu’au petit jour lorsque la compagnie perd dans le noir complet de la forêt le maigre chemin du retour. Pendant ce temps, le camp adverse vaque lui aussi à ses travaux.
2) Vaches maigres. Tandis que les officiers font tinter leurs verres à une tablée bien garnie, les hommes du rang mangent leur rata comme ils peuvent. La “maladie de l’installation” leur est passée à force de départs et “déménagements” soudains. Cette fois-ci, ils ne construisent donc plus de chaises, de tables, ou de hamac improvisé pour améliorer leurs heures de repos. L’enthousiasme du début est loin.
3) Blessés – Projecteur. De retour d’une corvée, trois hommes sont amochés par les éclats d’un obus. Leurs blessures, légères cette fois-ci, leur valent une journée de repos et une citation d’honneur. En bas à droite, c’est un projecteur caché par la végétation. Les Allemands en ont également, qui projettent un faisceau de lumière plus vif et plus intrusif. Les troupes, le moral en berne, y voient un exemple de plus de la supériorité militaire de leur ennemi. L’historien, “à travers le processus d’électrification des positions”, y voit “le mouvement d’industrialisation que connait le front” au printemps 1015 (note, p.IV).
