Archive pour mai 9, 2008

Ma grande guerre (2)

Après une journée passée au Château de Versailles puis à rêver au doux hammeau du Domaine de Marie-Antoinnette, je reprends ma lecture de Gaston Lavy. Les dorures en sont étrangement absentes. A la place, mon soldat dort sur la fange de porcs et sous les patounes des rats coriaces, tandis que les cris des hiboux, par un curieux automatisme, déclenche les rafales de tirs.

D’après Gaston Lavy, Ma grande guerre, Larousse 2004, BDIC.

Ma grande guerre, 2e planche

Ce petit extrait parmi tant d’autres, qui n’aide pas à se défaire de ce que je prenais pour des clichés anti-armée lorsque périodiquement je tente de me raisonner ;-)

“Ce commandant dont toute la fonction sera par la suite de rester à l’arrière ou dans son abri, entièrement désoeuvré, a une véritable cour que nous appelons le petit Etat Major. Onze individus à son service. Qui sont : deux ordonnances dont un pour le cheval, dont d’ailleurs il ne s’est jamais servi car il ignore l’équitation. Un cuisinier, deux aides cuisiniers, un planton, un cycliste, deux secrétaires, un sergent artificier, et un sous officier de cavalerie (…).

“C’est un petit monarque, avec un pouvoir presque absolu sur trois cent et quelques individus, il y a vraiment là de quoi se croire quelqu’un et dans ce cas, pour un homme d’intelligence médiocre, comment prouver sa supériorité si ce n’est par des actes arbitraires et le dedain le plus absolu de “ses hommes”. (p.141)

(En revanche, le socle, “les hommes”, eux, sont comme ailleurs, et plutôt plus volontaires qu’ailleurs vue la grande période de troubles et de péril national et individuel qu’ils traversent). On me confirme à l’oreille que le constat est toujours actuel, et parfaitement dans la logique de recrutement direct des cadres de l’armée.

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