Archive pourmai, 2008
Lecteur
Voici un lecteur de microfiches, ces formats oubliés qui permettent en deux petites fiches plastifiées, de lire une thèse savante complète.
Si la lecture n’est pas du dernier confort, elle peut au moins se targuer d’une bonne longévité, bien supérieure à celle des types de lecteurs plus récents (bande magnétique VHS, CD-Rom, DVD-Rom, où la dépendance à un ordinateur multi-tâches que l’on renouvelle régulièrement réduit les chances de compatibilité avec le support et le format des données (.doc, .xls)… à moins d’une conversion régulière, elle aussi, des données sur les nouveaux supports lus par les nouvelles machines… ). Bien sûr, en la matière, rien n’est plus fiable que le papier ! - qui s’envole, et qui brûle, et qui s’autodétruit par l’acidité de l’encre assassine… Bref, rien n’est plus fiable que le papier (ou ne manuscrit en peau d’enfant) qui ne sort pas de son carton protecteur anti-acide. Finalement, on a bien raison de fermer les Archives. ![]()
Pinocchio
Aujourd’hui j’ai visité la Galerie Templon à Paris : Jim Dine y expose ses Pinocchios, sculptés grossièrement dans du gros bois, comme le vrai Pinocchio ! L’effet est saisissant.
[Bon, encore une fos j'ai loupé les proportions. Pinocchio est en réalité de même taille que l'imposant chat. Je l'ai tellement agrandi que mon dessin ne pouvait plus retranscrire son air penaud, bras ballants, tandis qu'un chat et un loup géants l'encadrent de toute leur noirceur (bois brûlé).]
La mise en abime m’a amusée, puis, malgré l’apparente bonhommie tintinesque de ces personnages échapés de notre enfance, je me suis souvenue de l’étrange inquiétude qu’avait soulevée en moi la diffusion du téléfilm… L’idée du bon (ou mauvais) enfant ; le séjour dans le paradis des enfants indociles qui tourne au cauchemar ; et la punition, dans ce qu’elle a de plus violent (déformation physique, jusqu’à la perte totale de son humanité). L’artiste n’y est sûrement pas pour rien dans ce souvenir ambigu!
Ping Pong
Le dessin, souvent “tremblotant” chez Mastumoto, exprime très bien la gestuelle nerveuse et efficace du ping pong, avec de nombreux points de vue dynamiques (plongée, zoom, etc.).
On voit ici les deux types de prises de raquette :
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- à gauche la prise orthodoxe (ou “européenne”) : prise la plus courante, elle présente l’avantage de jouer sur les deux faces de la raquette (coup droit, revers), avec donc deux revêtements différents possibles. Convient aux différents styles de jeu possibles, défensif, attaquant ou mélangé. En contrepartie, une balle envoyée sur le ventre sera plus difficile à rattraper (angle-mort).
- à droite la prise dite “porte-plume“, popularisée en Asie (chinoise ou japonaise selon la façon de placer les doigts sur la face arrière). Ici, le jeu, basé sur le coup droit, est plus offensif et mise sur l’extrême rapidité des déplacements. Pas de point mort. Certains y ajoutent la maîtrise du revers, assez spectaculaire.
Le revêtement a aussi son importance, avec ou sans picots, avec ou sans mousse, etc. On trouve un petit panorama très simple et bien expliqué de ces possibilités sur cette page d’un site perso.
Revers (prise orthodoxe) - Prise porte-plume japonaise (face revers).
Côté histoire, on est typiquement dans le shonen manga, ces productions destinées aux jeunes adolescents (par opposition aux shojos qui visent les jeunes filles) - et plus précisément dans le nekketsu, manga organisé autour d’un ou plusieurs héros, qui exalte les valeurs de dépassement de soi, le courage, à travers de nombreux combats (sportifs ou autres). Comme le bon vieil Olive et Tom de notre enfance sur le petit écran. Au terme des cinq volumes, je comprends mieux à présent pourquoi la série était rangée sur les rayons Jeunesse… mais malgré les impératifs du genre, dont je dépasse l’âge de cible, je dois dire que la série rend plutôt bien hommage au tennis de table, comme on dit par chez nous, et c’est pas un mal !
Planche complète des dessins, d’après Ping Pong (1 à 5) de Taiyou Matsumoto, éditions Delcourt :
Roland Garros, ça commence
Journée Benny Berthet, à Roland Garros
La première fois que je pose un pied à Roland Garros. J’y ai découvert Nicolas Mahut, qui jouait contre Ferrero, et le revers de l’Italienne Schiavone, aux gestes courts et efficacse, contre la Française Johannson. Voilà qui donne bien envie de suivre les matches.
Histoires de sacs
En matière de sacs multi-usage, dont le transport d’un ordinateur portable, il faut avouer que les fabricants ont fait de réels efforts ces dernières années. On peut ainsi combiner sac de sport (compartiment dédié à la paire de chaussures voire rollers, par exemple) et ordinateur portable. Le premier sac en est une illustration : le portable se range a priori dans la toute dernière poche, la plus fine, contre le dos. La place restant est encore très importante, sans perte de sécurité pour le matériel informatique. Un accompagnement logique aux ventes massives de ces chers outils dits “de travail”, que l’on ne renouvelle pas tous les ans.
Paulownia
Chaque jour amène sur le bureau d’en face un bourgeon, une feuille intriguante, un fruit rigolo, une jolie fleur trouvée dans un parc ou jardin.
Aujourd’hui, un rameau d’un paulownia (ou polownia), bel arbre originaire de Chine ou de Corée, après la floraison : je me suis gourée dans la légende manuscrite de mon dessin, il ne s’agit pas d’un bourgeon, la longue fleur mauve est en effet déjà tombée. Le fruit est donc en développement.
On voit les sépales au doux duvet brun, et le long pistil blanc sur l’oeuf vert en développement (le zygote, pffiou - bref, le bébé fruit). Ouh, ce cours d’anatomie florale est compliqué, fallait vraiment que je pose autant de questions ? on me parle ovaires, jaune d’oeuf, nutriment, pépins-de-fruit-mais-en-fait-c’est-pas -vraiment-des-pépins, reproduction. Je viens seulement d’emprunter un bouquin sur les oiseaux, pas sur la flore !! Remettons donc cela à plus tard.
Sur l’article de wikipédia-fr, trois photos montrent clairement l’arbre, ses fleurs et le fruit marron. Sur la planche dessinée, en revanche, on retrouve le long pistil blanc, comme sur mon dessin.
Ma Grande Guerre (4)
Suite de ma lecture…
Toujours d’après Gaston Lavy, Ma grande guerre, Larousse 2004, BDIC :
1) Quotidien d’un homme de la Territoriale. Il s’agit ici de renforcer une tranchée, en avant du front de Verdun. Les poilus sont donc ici particulièrement exposés. Afin de ne pas se faire repérer, le Génie programme les corvées pour la nuit, jusqu’à 3 heures de matin - ou jusqu’au petit jour lorsque la compagnie perd dans le noir complet de la forêt le maigre chemin du retour. Pendant ce temps, le camp adverse vaque lui aussi à ses travaux.
2) Vaches maigres. Tandis que les officiers font tinter leurs verres à une tablée bien garnie, les hommes du rang mangent leur rata comme ils peuvent. La “maladie de l’installation” leur est passée à force de départs et “déménagements” soudains. Cette fois-ci, ils ne construisent donc plus de chaises, de tables, ou de hamac improvisé pour améliorer leurs heures de repos. L’enthousiasme du début est loin.
3) Blessés - Projecteur. De retour d’une corvée, trois hommes sont amochés par les éclats d’un obus. Leurs blessures, légères cette fois-ci, leur valent une journée de repos et une citation d’honneur. En bas à droite, c’est un projecteur caché par la végétation. Les Allemands en ont également, qui projettent un faisceau de lumière plus vif et plus intrusif. Les troupes, le moral en berne, y voient un exemple de plus de la supériorité militaire de leur ennemi. L’historien, “à travers le processus d’électrification des positions”, y voit “le mouvement d’industrialisation que connait le front” au printemps 1015 (note, p.IV).
Ma Grande Guerre (3)
Toujours d’après Gaston Lavy, Ma grande guerre, Larousse 2004, BDIC :
1) Bénédiction de l’évêque de Verdun (en haut à gauche)
2) Artisanat de tranchée. Pendant que Lavy remplit son journal, des camarades confectionnent pour leur femme des bagues d’aluminium. Chaque obus tombé dans les parages est ainsi l’occasion d’un ravitaillement. Dans l’arrière-front, les ateliers de réparation en font même parfois commerce auprès des soldats de l’active. (note p.II). D’autres improvisent des instruments de musique à partir de boîtes de cartouches (en haut à droite). Cet aspect était plus ou moins évoqué dans l’intriguant film La France, aux détours d’une bande-son magnifique.
3) En bas : En lieu de “village nègre“, il s’agit en fait “d’habitations de fortune rappelant certaines constructions indigènes dans les colonies françaises, ou encore les tentes des tribus indiennes de la Prairie en Amérique du Nord. ” (note d’Audoin-Rouzeau, p.II).
4) Terrassiers : armés d’une pioche ou d’une pelle, les soldats creusent une tranchée dans la terre qui regorge d’eau.
C’est le grand nettoyage
Serait-ce un effet des reflets de la Galerie des Glaces, ou bien juste le mois de mai qui frappe aux carreaux ? Nous voici dans le grand nettoyage de printemps, parquet, étagères, recoins, et.. VITRES ! L’opération est si délicate qu’elle valait des majuscules : il aura en effet fallu 4 heures (si si), un manche téléscopique, un marteau et un tournevis (pour démonter la poignée), un grand sens de l’équilibre, du muscle, de l’ingéniosité et de la patience pour en venir à bout. Autant dire que ma présence ne fut pas l’élément clé de la manoeuvre.
Nous songeons envoyer nos photos à monsieur l’architecte qui a conçu cet ensemble convivial. Les éponges confirmèrent un sentiment trouble : personne n’avait encore jamais réussi à nettoyer les vitres ici.
Ma grande guerre (2)
Après une journée passée au Château de Versailles puis à rêver au doux hammeau du Domaine de Marie-Antoinnette, je reprends ma lecture de Gaston Lavy. Les dorures en sont étrangement absentes. A la place, mon soldat dort sur la fange de porcs et sous les patounes des rats coriaces, tandis que les cris des hiboux, par un curieux automatisme, déclenche les rafales de tirs.
D’après Gaston Lavy, Ma grande guerre, Larousse 2004, BDIC.
Ce petit extrait parmi tant d’autres, qui n’aide pas à se défaire de ce que je prenais pour des clichés anti-armée lorsque périodiquement je tente de me raisonner
“Ce commandant dont toute la fonction sera par la suite de rester à l’arrière ou dans son abri, entièrement désoeuvré, a une véritable cour que nous appelons le petit Etat Major. Onze individus à son service. Qui sont : deux ordonnances dont un pour le cheval, dont d’ailleurs il ne s’est jamais servi car il ignore l’équitation. Un cuisinier, deux aides cuisiniers, un planton, un cycliste, deux secrétaires, un sergent artificier, et un sous officier de cavalerie (…).
“C’est un petit monarque, avec un pouvoir presque absolu sur trois cent et quelques individus, il y a vraiment là de quoi se croire quelqu’un et dans ce cas, pour un homme d’intelligence médiocre, comment prouver sa supériorité si ce n’est par des actes arbitraires et le dedain le plus absolu de “ses hommes”. (p.141)
(En revanche, le socle, “les hommes”, eux, sont comme ailleurs, et plutôt plus volontaires qu’ailleurs vue la grande période de troubles et de péril national et individuel qu’ils traversent). On me confirme à l’oreille que le constat est toujours actuel, et parfaitement dans la logique de recrutement direct des cadres de l’armée.
Ma Grande Guerre
Depuis quelques jours, je lis le bel ouvrage Ma grande guerre, Récit et dessins de Gaston Lavy. Mobilisé comme presque quatre millions d’hommes, ce métreur en bâtiment de 39 ans était en théorie destiné aux travaux et corvées, en arrière des unités d’active. Lui et ses camarades de la Territoriale, donc, en accompliront un grand nombre avant d’être incorporés sur le front de Verdun. Je n’en suis encore qu’au début, mais je remercie les bibliothèques de Paris d’avoir proposé ce témoignage vivant et consciencieux en “vitrine” à l’occasion de la mort du dernier poilu.
L’édition, inédite et splendide, est très respectueuse des trois cahiers originaux de ce poilu qui avait donc lui-même un grand sens de l’édition ! Pendant une vingtaine d’années, il a choisi et repris les dessins, les notes et les photographies qu’il avaient accumulés dans son quotidien de guerre. La mise en page qui en résulte est loin d’être dégueulasse. Mais le récit n’est pas achevé. Des notes rédigées par Audoin-Rouzeau documentent le volume, ainsi qu’une postface, pas inutile lorsque l’on a oublié ses vieilles leçons d’histoire.
Ce qui est amusant, c’est de penser que ces trois cahiers manuscrits ont été trouvés dans une petite librairie du quartier latin, par une conservatrice du musée d’histoire contemporaine. Visiblement, la chose n’était pas rare dans les années 1980, mais tout de même ! Le musée d’histoire contemporaine - Bibliothèque de documentation Internationale contemporaine (BDIC) a d’ailleurs une histoire très liée à la guerre (plutôt la seconde)… Bref, on peut franchement féliciter le travail de tous ces gens-là (surtout en période de pont du 8 mai!)
=> Gaston Lavy, Ma grande guerre, Larousse 2004, BDIC.

























