Archive pour janvier 11, 2008

Dessin du 10 janvier 2008 (72)

Les anciens Frigos de Paris

Construits après la première guerre mondiale, les entrepôts frigoriques de Paris approvisionnaient le tout Paris en produits frais à destination du grand marché des Halles. A ces convois transitant sur les rails de la Compagnie ferroviaire de Paris-Orléans, s’ajoutaient ceux des voisins, les Grands Moulins de Paris. Autrement dit, tous les repas d’antant prirent naissance dans ce quartier du 13e arrondissement de Paris.

2008-01-10 Les frigos de Paris

L’ouverture du marché de Rungis mit fin à l’activité de ces anciens frigos qui hébergent à présent de nombreux artistes et créateurs. Ce grand bâtiment aux allures sévères et foutraques à la fois (pas une fenêtre identique, de grands graffitis sur la façade nord, plein d’autres disparus) est un peu le point d’entrée du quartier en refonte des Grands Moulins, brique supplémentaire du grand projet urbain Paris Rive Gauche, après Bercy et la BNF.

Et parlons-en des Grands Moulins. Depuis 2004, date de ma dernière visite, le chantier a bien avancé : la vieille minoterie a laissé la place à la dernière fierté universitaire de la capitale : l’Université Paris 7 Denis Diderot. Pour le visiteur sans adresse et sans grand sens de l’orientation, il faut d’abord se perdre dans les nouvelles rues, revenir sur ses pas, hésiter devant la façade des Frigos pour découvrir quelques minutes plus loin la blancheur sage des Grands Moulins version 2007.

Une grande université qui vaut la visite. Ne pas hésiter à demander l’aide des personnes qui y travaillent pour se repérer, tant le Grand vide du hall d’entrée est déstabilisant. Heureusement, un bureau intitulé Accueil habille le vaste couloir, avec un humain derrière. C’est un peu fou le coup des humains car ma première impression, pour cette première visite, c’est le côté “oh, des humains, ici !”. Peut-être un effet du béton ou du gris permanent (réhaussé de rouge, les deux couleurs de Paris 7)… ou de l’absence d’effervescence estudiantine.

En tout cas, la Bu a l’air très confortable pour étudier, pour travailler, et pour rencontrer des gens. Il y a même des escaliers romanesques qui se font la cour, s’entortillonnent mais ne se mêlent pas. Ici et là, on voit les traces des anciens silos de grain à moudre. Partout, c’est grandeur, tranquillité et témoignage d’un souci réel de répondre aux différents besoins des usagers. Il manque encore quelques équipements (vidéo à venir, notamment), mais on sent que l’usager n’a pas été oublié dans la réhabilitation des bâtiments (car il s’agit de 3 bâtiments, en fait). Une impression de perfection traine dans l’air, avec le trouble associé à la perfection.

Perso, à mes yeux de novice un jeudi soir d’hiver à 18h, ça manquait un peu de vie, plus exactement peut-être de bordel / de crasse / de moquette sale / de moutons sur les rayons / d’électricité dans l’air (pas dans les câbles, ça y en a!). Bref, le diagnostic est simple, docteur : j’ai pas l’habitude.

NB : je ne pus m’empêcher cette pensée malicieuse en parcourant les espaces : les câbles jouent la carte de la transparence, un peu comme à Beaubourg, avec une différence notable : certains plafonds sont bas, tellement bas qu’il suffit d’une chaise (ou d’un long bras) pour prendre une paire de ciseaux et tester “j’ai coupé un câble orange à la BU de Paris 7″. Je me demande leur fonction.

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